Lecture analytique : Le chien et le flacon, Baudelaire

Introduction

Poète romantique au début, Baudelaire innove dans l’art du poème en prose dont il renouvelle le genre. Il va devenir un des poètes majeurs du XIX e siècle.

Devenu célèbre par son recueil Les fleurs du mal, le spleen de Paris aura aussi du succès. Le poème que nous nous proposons d’étudier est le chien et le flacon qui raconte l’histoire d’un maître qui propose à son chien de sentir un parfum mais va le dédaigner. Il préféra des excréments.

Il s’agira alors de voir en quoi ce poème en prose qui s’apparente au genre de la fable permet à Baudelaire de proposer une réflexion sur le divorce entre l’artiste et le public.

Pour répondre à cette question nous verrons dans un premier temps, en quoi ce poème en prose se rapproche du genre de la fable. Puis, dans un second temps, il s’agira de voir la satire sociale et la réflexion sur la position de l’artiste.

 I Un poème en prose qui s’apparente au genre de la fable

A) Un poème en prose

-Phrases rythmées par des mesures régulières
-L.1 « Mon cher…, mon bon.., mon cher tou »=> rythme ternaire qui induit une certaine musicalité.

-Bref : une dizaine de lignes

-Lexique familier et oralisé : « toutou », « excrément », « ordures ». -Figures de construction comme l’anaphore l.1

-Lexique familier et oralisé : « toutou », « excrément », « ordures ». -Figures de construction comme l’anaphore l.1

B) … qui se rapproche de la fable

-texte narratif

-bref : présence de paroles rapportées au style direct + présence du présent de narration : « le chien approche ».

-Présence de personnages divers : le parfumeur mais aussi un animal, le chien.

-Récit simple avec peu de péripéties un maitre propose à un chien de renifler un parfum du meilleur parfumeur de la ville mais le chien n’est pas conquis. Le maitre déclare alors que ce « misérable chien » aurait préférait un paquet d’excrément.

-Récit plaisant : comique burlesque=> décalage entre la répugnance du chien face au parfum et son goût pour les excréments.

-Morale : le chien allégorie du peuple préfère ce qui est simple mais mauvais à ce qui est beau et recherché.

II Une réflexion sur la place de l’artiste

A)Un poème allégorique

Ce poème est allégorique. En effet, le chien symbolise le public, le commun des mortels. Le parfumeur qui est constante recherche de la perfection et de la beauté représente l’artiste.

B) Une satire sociale

Le chien repousse le plus parfait parfum par dégoût. Ainsi, Baudelaire critique la société qui ne parvient pas à comprendre ce qui est parfait. Le peuple aime « les ordures ».

-La métaphore canine est dévalorisante. Il place au même plan le peuple et le chien. -Ironie de Baudelaire : « des ordures bien choisies ».

-Il désigne le chien donc le peuple de « misérable », « d’indigne », « pauvres êtres ». Ainsi, il propose une réflexion : Tout ce qui tend vers n’importe quel genre de perfection est condamné à l’impopularité. Pour devenir populaire, ne faut-il pas se montrer populacier ?

C) Un divorce entre l’artiste et le public

Baudelaire propose ainsi une réflexion sur la position de l’artiste. L’artiste pour Baudelaire est au-dessus du commun des mortels. En effet, il sait ce qui est « beau », le comprend et s’y intéresse.

-Il met en valeur le parfumeur symbolisant l’artiste par des superlatifs : « le meilleur parfumeur de la ville ».

-L’artiste est ainsi incompris. Cette idée rejoint un thème cher à Baudelaire : la figure du poète maudit.

Conclusion

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